VIH et SIDA

Autrefois, on les appelait « maladies d'amour » ou « maladies vénériennes », c'est-à-dire provenant de Vénus, déesse de l'amour. Dans les années 1990, on a commencé à parler de Maladies sexuellement transmissibles « M.S.T. », puis d'Infections sexuellement transmissibles, « I.S.T. »
Les I.S.T. comprennent les affections bactériennes et virales. Les autres M.S.T. comportent également les affections mycosiques et parasitaires.
Les I.S.T. sont des maladies qui, comme leur nom l'indique, se transmettent entre partenaires au cours de différentes formes de rapport sexuel, contacts vaginaux, rapports oraux, génitaux ou anaux, mais pas toujours.
On peut contracter certaines d'entre elles en dehors de tout rapport sexuel, par exemple les mycoses, les verrues, l'herpès, l'hépatite B ou encore les morpions.

On estime que plus d'1 million de personnes par jour sont nouvellement infectées. En effet, les I.S.T. sont mal connues ou asymptomatiques (pas de signes extérieurs). Les personnes infectées ne s'aperçoivent donc pas qu'elles sont porteuses d'une I.S.T.
Les I.S.T. sont porteuses de stigmates sociaux (d'où la dénomination de « maladies honteuses »). Les personnes n'osent pas en parler ou consulter un médecin. Certain(e)s n'ont pas accès aux soins.
Leur dissémination est aussi favorisée par la multiplication des expériences sexuelles et par l'augmentation des déplacements humains (voyages, migrations).

Avoir une I.S.T. accroît le risque d'être infecté par le V.I.H. ou de le transmettre à sa/son partenaire.

Mieux vaut prévenir que guérir : la plupart des I.S.T. guérissent rapidement si elles sont soignées à temps (sauf le SIDA) alors que les conséquences d'une I.S.T. non diagnostiquée ou non traitée peuvent être très graves (transmission mère à enfant, troubles sexuels, stérilité et décès).

1. Les I.S.T. et autres M.S.T.

Il en existe un grand nombre, parmi lesquelles :

Affections bactériennes

Syphilis
Chancre mou
Lymphogranulomatose vénérienne
Gonococcie ou blennorragie ou « chaude-pisse »
Affections à chlamydiae
Mycoplasmes
Hémophilus vaginalis ou gardnerella

Affections virales

SIDA
Herpès
Condylomes ou crêtes de coq ou verrues
Cytomégalovirus
Hépatites virales

Affections mycosiques

Candida albicans

Affections parasitaires

Trichomonas
Oxyurose vulvaire
Gale
Poux du pubis ou « morpions »

2. Comment les reconnaître ?

Il existe des signaux d'alerte. En général, ça pique, ça gratte, ça brûle !

Chez l'homme :

des sensations de brûlure en urinant
des écoulements anormaux à l'extrémité de la verge (goutte matinale)
des démangeaisons dans la région génitale, anale ou au niveau du pubis
des rougeurs, des boutons, des verrues, une plaie indolore ou de petites lésions sur les organes génitaux, l'anus, la bouche
des testicules gonflés
douleurs et/ou brûlures pendant les rapports sexuels

Chez la femme :

des sensations de brûlure en faisant l'amour ou en urinant
des douleurs dans le bas-ventre, des saignements en dehors de la période des règles
des pertes vaginales inhabituelles par leur aspect, leur odeur, leur couleur
des démangeaisons dans la région génitale, anale ou au niveau du pubis
des rougeurs, des boutons, des verrues, une plaie indolore ou de petites lésions sur les organes génitaux, l'anus, la bouche
douleurs et/ou brûlures pendant les rapports sexuels

!!! Ces symptômes sont souvent les signes d'une I.S.T. mais pas toujours ! Seul un médecin pourra le dire. Il faut consulter rapidement pour éviter les complications.

!!! Attention, certaines I.S.T. passent inaperçues (pas de symptômes extérieurs), telles que l' infection à chlamydiae, l'hépatite B, et ne sont détectées qu'au moment d'une consultation médicale. Seul un suivi gynécologique régulier permet de les dépister et les traiter.

3. Comment éviter les I.S.T. ?

1 et 1 seul remède : le préservatif, masculin ou féminin !

Ne multipliez pas les partenaires !
Les I.S.T. sont très répandues et en nette augmentation. Par conséquent, plus vous avez de partenaires sexuels, plus vous prenez de risque.
Au moindre signe d'alerte, consultez un médecin.

4. Comment en parler ?

Si vous avez reconnu des signaux d'alerte, ne tardez pas : parlez-en à votre médecin et à votre/vos partenaires.
Si vous n'avez pas envie d'aller chez votre médecin habituel, si vous êtes mineur(e) et que vous n'osez pas en parler à vos parents, vous pouvez aussi vous adresser à un centre de Planning Familial.

5. Comment interrompre la chaîne de transmission ?

Parlez-en à votre/vos partenaire(s) pour qu'elles/ils se fassent examiner et éventuellement traiter le plus tôt possible.
Prenez le traitement prescrit jusqu'au bout même si les symptômes ont disparu.
En cas de rapports sexuels pendant le traitement, utilisez impérativement un préservatif.

!!! Avoir eu une I.S.T. ne vous a pas immunisé(e) contre cette maladie. Vous pouvez contracter plusieurs fois la même infection, surtout si votre/vos partenaire(s) n'ont pas été traité(e)s.

6. Attention aux préjugés !

On peut attraper une I.S.T. dans les toilettes publiques : FAUX
La pilule protège des I.S.T. : FAUX
Les I.S.T. se transmettent en se serrant la main : FAUX

7. Quel risque pour quelle relation ?

Préservatif = risque zéro !

Risque zéro

Se caresser (hors organes génitaux), s'embrasser (bouche/bouche), sauf herpès labial, se masturber (soi-même)

Risque faible

Se caresser les organes génitaux
Rapport bucco-génitaux ou anaux (bouche/sexe) comme la fellation (stimulation du sexe masculin par la bouche) qu'il y ait éjaculation ou non ou le cunnilingus (stimulation du sexe féminin par la bouche)
Attention !!! En présence d'herpès labial, les rapports bucco-génitaux anaux sont à risque élevé.

Risque élevé

Pénétration vaginale, surtout en cas de saignements
Pénétration annale