Le contexte

Le planning familial s'est pratiqué au Luxembourg longtemps avant la création du mouvement qui porte ce nom.

En effet, et nous le savons grâce aux sermons de l'époque consignés à la Bibliothèque Nationale, les couples, dès le début de l'industrialisation dans notre pays, vers 1850, pratiquaient la régulation des naissances. Les méthodes pratiquées ne furent pas toujours très efficaces et quelquefois franchement barbares: coït interrompu, emploi du préservatif masculin dans les villes, avortements clandestins, exposition d'enfants et, si rien n'y faisait, infanticide. Le Département des Forêts tel qu'il s'appelait à l'époque, fut même connu pour ses infanticides.

Le problème n'était donc pas nouveau. Une prise de conscience de ces problèmes qui plaçaient souvent les couples dans des situations dramatiques s'opéra d'abord en Hollande dès 1898, en Allemagne dès 1930. En France, la loi de 1920, qui avait pour but d'inciter à la natalité après les pertes en vies humaines à la suite de la Première Guerre mondiale, interdisait à la fois l'interruption de grossesse et la contraception. Les pionniers du Mouvement Français pour le Planning Familial durent importer clandestinement à partir de l'Angleterre les diaphragmes, seuls moyens contraceptifs féminins à l'époque. Mais déjà en 1961, le Grand Orient de France, dans une émission radiodiffusée sur la chaîne France 3 et ayant pour thème le planning familial, cita le docteur Flournoy, président de la société suisse de psychiatrie et professeur à la Faculté de Médecine de Genève qui dit:

"Un peuple qui a besoin de menaces pénales pour soutenir sa natalité et maintenir haut la morale n'est ni tout à fait sain, ni tout à fait majeur."

Le terme de parenté responsable indique dès cette époque la prise de conscience de la responsabilité première et inaliénable des parents, premiers concernés par le don de la vie. D'ailleurs, à la Conférence Internationale de Téhéran en 1968, la planification familiale fut déclarée comme l'un des droits humains fondamentaux au sein des Droits de l'Homme. La notion de bonheur et de qualité de la vie tant pour le couple que pour les enfants à naître se retrouve dans les appellations de différentes associations européennes de l'époque: la Maternité heureuse en France, la Famille heureuse en Belgique et au Luxembourg.

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